Quand l'industrie cherche des modèles, elle frappe parfois à la porte de ceux qui ont déjà tracé la route. En effet, c’est à Abidjan que le Congo est venu consulter la feuille de route ivoirienne. Parmi les illustres hôtes d'une forte délégation arrivée le 26 octobre figurait Michel Djombo Balombelly, Ministre du Développement industriel, des Zones économiques spéciales et de la Promotion du secteur privé. Il a fait étape au cabinet de son homologue ivoirien. Le Ministre Kalil Konaté étant en déplacement, le Directeur de cabinet, Raymond Assoua, a reçu la délégation. Le visiteur voulait s'inspirer des politiques ivoiriennes d'industrialisation. Le Directeur général de l'Industrie, Tra Bi Emmanuel, a présenté les orientations de la politique industrielle. Trois priorités ressortent, à savoir la transformation locale des matières premières, le développement des chaînes de valeur et l'aménagement des infrastructures industrielles. Le cacao et l'anacarde bénéficient d'un accent particulier. L'ambition est d'en transformer localement au moins 50% avant exportation.

Les chiffres montrent le chemin parcouru. Le Président de la République, S.E Alassane OUATTARA a récemment cité une transformation du cacao de 41% pour la campagne 2024-2025. Pour l'anacarde, la part transformée atteint environ 43%, contre 2% en 2012. La capacité installée de broyage du cacao est passée d'environ 530 000 tonnes en 2011 à plus d'un million en 2024. Mamadou Diomandé, de la SOGEDI, a présenté la politique de zones industrielles intégrées. Elle prévoit l'extension des zones dans les régions et la création d'écosystèmes agro-industriels et commerciaux. Le Programme national de tutorat et de construction des champions nationaux, destiné aux PME, a aussi été évoqué.

Pour Brazzaville, qui s'appuie sur les zones économiques spéciales et le secteur privé, cette étape offre un retour d'expérience concret. Pour Abidjan, elle illustre l'intérêt que suscite son modèle d'industrialisation auprès de ses voisins africains.