Le Gouvernement ivoirien fait le choix de soutenir la production animale plutôt que les recettes fiscales sur un segment jugé stratégique. Lors des Grands rendez-vous de l’Agence ivoirienne de presse (AIP), le Ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a annoncé le retour à un taux de TVA de 0 % sur les aliments destinés à l’élevage ainsi que sur les intrants dans leur fabrication pour l’exercice 2026-2027. Cette mesure intervient après plusieurs ajustements successifs. Jusqu’en 2025, ces produits étaient exonérés de TVA. L’annexe fiscale 2026 a mis fin à cet avantage, entraînant l’application du taux normal de 18 %. Face aux préoccupations des professionnels, ce taux a ensuite été réduit à 9 % avant l’annonce de sa suppression totale.
L’enjeu économique est considérable. Selon les données relayées par les autorités, l’alimentation animale représente plus de 60 % des dépenses engagées dans les activités d’élevage. Pour les producteurs de volailles, de bovins ou de poissons d’élevage, toute hausse du coût des intrants se répercute directement sur les charges de production. Les matières premières concernées comprennent notamment le maïs, le soja et le blé, utilisés dans la fabrication des aliments industriels pour animaux. Une partie de ces approvisionnements reste dépendante des importations, ce qui expose déjà la filière aux fluctuations des marchés internationaux.
Un levier pour la souveraineté alimentaire
Au-delà de l’allègement fiscal, la décision s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de la production locale. Le Ministère des Ressources animales et halieutiques cherche à réduire la dépendance du pays aux importations de viande, de poisson et de lait. Selon les objectifs présentés par le ministre, la couverture des besoins nationaux par la production locale devrait passer de 36 % à 75 % à l’horizon 2030.