« Notre pays n'a pas d'autre choix que d'aller vers ces solutions modernes. » Le ton est donné. Samedi, à Yamoussoukro, Bruno Nabagné Koné, Ministre de l'Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, n’a pas seulement coparrainé une inauguration, il a défendu un changement de cap pour l'agriculture ivoirienne. L'établissement, installé au sein de l'Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB), est le fruit d'un partenariat avec l'Université Mohammed VI Polytechnique et OCP Africa. Il découle d'une coopération engagée en 2023 entre l'État ivoirien et le groupe OCP. La cérémonie était présidée par le Ministre de l'Enseignement supérieur, le Pr Adama Diawara. Lors d'un panel consacré à la formation de la nouvelle génération de leaders de l'agriculture numérique en Afrique, le Ministre Koné a cité des avancées concrètes telles que la traçabilité des producteurs de cacao, la géolocalisation des exploitations et le conseil agricole numérique. Il a surtout insisté sur le poids des données et sur la nécessité de former des profils alliant compétences agronomiques et maîtrise des technologies.
Le Ministre a rappelé que l'agriculture ivoirienne s'est longtemps appuyée sur des méthodes artisanales, manuelles et peu mécanisées. Il estime désormais nécessaire de gagner en précision et en compétitivité, afin de mieux valoriser le travail des producteurs. Le Ministre délégué chargé des Productions vivrières, Bernard Kini-Comoé, ainsi que l'ancien Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, assistaient à l'événement. Ce dernier a salué une initiative de coopération Sud-Sud et plaidé pour son extension à d'autres régions africaines. Le Ministre Diawara a, pour sa part, souligné les perspectives d'emploi qu'offrent les compétences numériques. Sur le plan pratique, la première promotion de 50 apprenants, sélectionnés parmi près de 4 000 candidatures, fera sa rentrée le 9 novembre. Le cursus de deux ans mêle agronomie, programmation et entrepreneuriat, avec une ferme expérimentale de 170 hectares où drones, analyse des sols et gestion de l'eau serviront de terrains d'apprentissage.
Le pari de la formation est désormais lancé. Reste à transformer l'essai au bénéfice des producteurs.