Face à une facture d’importation de poisson estimée à 520 milliards de FCFA en 2024, la Côte d’Ivoire étudie des exonérations fiscales ciblées pour relancer son aquaculture. Réunis, récemment,les acteurs publics et privés du secteur ont engagé des discussions sur la suppression de certaines taxes appliquées aux intrants et équipements aquacoles. La réflexion va au-delà d'un simple allégement fiscal. Le Ministère des Ressources Animales et Halieutiques (MIRAH), avec l'appui de l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA), a lancé une concertation sur l'exonération de la TVA, des droits de douane et des taxes d'entrée applicables aux intrants et équipements aquacoles. L'objectif est de réduire les coûts de production qui freinent l'essor de l'aquaculture en Côte d'Ivoire. Selon le conseiller technique chargé de l'aquaculture au MIRAH, Kaba Ibrahima, cette démarche vise à créer un environnement plus favorable à l'investissement et à la production locale.

Réduire la dépendance aux importations

L'enjeu économique est considérable. Au cours de l'atelier, le MIRAH a indiqué que la Côte d'Ivoire avait importé 732 954 tonnes de poissons en 2024 pour une valeur estimée à 520 milliards de FCFA. Ces chiffres traduisent l'insuffisance de l'offre nationale face à une demande en constante progression. Pour les autorités, le développement de l'aquaculture constitue l'un des principaux leviers pour accroître la production locale, améliorer la sécurité alimentaire et réduire les sorties de devises liées aux importations de produits halieutiques. Les professionnels du secteur dénoncent depuis plusieurs années le coût élevé des aliments pour poissons, des alevins, des géniteurs, des produits vétérinaires et des équipements spécialisés. Une partie importante de ces intrants est importée, ce qui alourdit les charges des exploitants en raison des taxes et droits appliqués à l'entrée du territoire. Les participants à l'atelier ont été chargés d'identifier les produits pouvant bénéficier d'exonérations et de proposer un mécanisme transparent de mise en œuvre et de suivi. Une feuille de route pour l'adoption des textes nécessaires est également attendue.

Cette initiative s'inscrit dans un partenariat plus large entre le MIRAH et la JICA, engagé depuis plusieurs mois pour renforcer la compétitivité de la filière aquacole ivoirienne et attirer davantage d'investissements privés.