Les crédits agricoles arrivent-ils vraiment jusqu'au producteur ? PUSH veut répondre par la traçabilité. Le jeudi 15 octobre, au Sofitel Hôtel Ivoire, la fintech a réuni ses partenaires et l'écosystème qui l'entoure pour annoncer une nouvelle étape, après plus de cinq années d'activité en Côte d'Ivoire. Son ambition est chiffrée, digitaliser 3 000 milliards de FCFA de flux financiers dans les filières agricoles d'ici 3 ans. PUSH s'appuie sur son bilan. Elle revendique plus de 700 000 comptes particuliers et plus d'un million d'acteurs agricoles accompagnés. Selon les chiffres communiqués par l'entreprise, elle compte aussi 100 entreprises clientes et un réseau de 5 000 points de vente. Sa plateforme a enregistré plus de 20 millions de transactions, pour plus de 600 milliards de FCFA de flux. Quatre accords ont été signés avec la Banque nationale d'investissement (BNI), Ecobank Côte d'Ivoire, Versus Bank et Orange Money. Ils visent à suivre les fonds depuis le décaissement des crédits bancaires jusqu'au paiement des bénéficiaires. Le but est de vérifier que les financements servent aux opérations prévues, notamment dans le café-cacao.
Chaque partenaire a un rôle propre. La BNI apporte ses infrastructures bancaires et de paiement pour traiter les opérations de manière sécurisée. Orange Money permettra aux producteurs de lier leur compte de monnaie électronique à leur carte de producteur, afin de recevoir directement leurs revenus. Le patron d'Ecobank Côte d'Ivoire, Paul-Harry Aithnard, a insisté sur la nécessité d'un impact concret « jusqu'aux producteurs ». Pour le PDG de PUSH, Georges Abi Aad, la digitalisation ne se limite pas à ouvrir des comptes. Elle doit donner aux producteurs une identité financière et, progressivement, un accès à des services adaptés. Il envisage d'étendre le modèle au coton, à l'anacarde et à l'hévéa, voire à d'autres pays de la sous-région.
En liant banques, mobile money et producteurs, PUSH tente de faire de la traçabilité un levier de confiance. Reste à vérifier, dans les mois à venir, que ces accords produisent des résultats concrets dans les campagnes.