C’était en marge du Conseil régional de la Bagoué qu'a été scellé un accord de coopération technique entre la région ivoirienne et la Compagnie de Développement des Vallées du São Francisco et du Parnaíba (CODEVASF). Structure étatique brésilienne disposant d'une expertise reconnue dans l'irrigation et la gestion des ressources en eau, cette agence intervient depuis des décennies dans la revitalisation des zones rurales au Brésil, l'un des premiers producteurs agricoles mondiaux. Le mémorandum d'entente prévoit l'introduction de systèmes performants d'irrigation, une meilleure gestion des ressources hydriques et un renforcement des capacités des acteurs du monde rural de la Bagoué. La région, à fort potentiel agricole mais encore sous-exploitée, entend ainsi s'appuyer sur le modèle brésilien pour accélérer sa transformation structurelle.

Ce partenariat s'inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement entre Abidjan et Brasília. En mai 2025, la Côte d'Ivoire avait déjà signé un protocole d'accord avec le ministère brésilien de l'Agriculture portant sur la sécurité alimentaire, la production durable et la santé animale et végétale. En février 2025, le Forum d'affaires Côte d'Ivoire-Brésil avait débouché sur la signature de mémorandums entre le CEPICI et l'APEX Brésil, traduisant une volonté commune de booster les échanges agricoles et commerciaux. Pour le Ministre Bruno Nabagné Koné, cet accord représente une déclinaison concrète du Plan National de Développement 2026-2030, qui ambitionne de faire de l'agriculture ivoirienne un secteur compétitif, durable et industrialisé.

La balle est désormais dans le camp des techniciens. Si la mise en œuvre suit la dynamique insufflée par la signature, la Bagoué pourrait bien devenir le laboratoire d'une révolution agricole au nord de la Côte d'Ivoire.