La Côte d'Ivoire franchit une étape décisive vers son industrialisation. En effet, c’est devant les membres du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), réunis à Abidjan, que le Ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, Ibrahim Kalil Konaté a déroulé, lors d'une conférence sur le thème « Apport de l'industrialisation dans la dynamique de la Grande Côte d'Ivoire » , les contours de cette stratégie industrielle d'envergure nationale.
L'objectif affiché est clair, il s’agit d’accélérer la transformation locale des matières premières, générer de la valeur ajoutée et créer des emplois durables. « Nous devons aboutir à la deuxième et à la troisième transformation afin de créer davantage de richesses et d'emplois pour nos populations », a martelé le Ministre. Une ambition qui s'inscrit dans la continuité des politiques de développement industriel préconisées par les organisations internationales, qui voient dans les ZES un levier efficace pour bâtir des « îlots de compétitivité » dans les économies en développement. La dimension agricole du projet est particulièrement structurante, en ciblant les 31 régions du pays pour y implanter des zones industrielles dédiées à l'agro-industrie, le gouvernement entend réduire l'exportation de matières premières brutes (cacao, café, anacarde, caoutchouc) au profit d'une chaîne de valeur locale plus intégrée.
Retenons que derrière cette annonce se dessine une volonté politique forte. « Le Président de la République veut que nous passions d'une économie agricole à une économie industrialisée », a rappelé le Ministre. Une transformation structurelle que de nombreux experts économiques considèrent comme indispensable pour que les pays africains captent davantage les revenus issus de leurs ressources naturelles.