Le Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire a accueilli ce lundi 15 juin les représentants des deux principales puissances cacaoyères du monde, réunis dans le cadre de l'Initiative Cacao Côte d'Ivoire-Ghana (ICCIG). Un rendez-vous stratégique présidé côté ivoirien par le Ministre de l'Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, Bruno Nabagné Koné, et côté ghanéen par le Ministre des Finances, Dr Cassiel Ato Baah Forson. Le secrétaire exécutif de l'initiative, Alex Arnaud Assanvo, ainsi que les structures de régulation des deux pays le Conseil Café-Cacao (CCC) ivoirien et le Cocoa Board du Ghana) ont également pris part aux échanges.
Dans son allocution d'ouverture, Bruno Nabagné Koné a rappelé la portée historique de cette coopération bilatérale, née de la Déclaration d'Abidjan de mars 2018. Ensemble, les deux nations assurent entre 60 et 65% de l'offre mondiale de fèves, mais cette position dominante contraste avec les maigres revenus perçus par les planteurs. Selon les estimations de l'Union européenne, la Côte d'Ivoire et le Ghana ne captent qu'une fraction marginale de la valeur ajoutée générée par la filière cacao dans les pays consommateurs. La question des revenus des producteurs a occupé le cœur des débats. Lancé en 2019, le mécanisme du Différentiel de Revenu Décent (DRD) visait déjà à corriger cette injustice structurelle. La 7ème réunion du comité de pilotage devrait, selon les participants, déboucher sur des recommandations concrètes pour approfondir cette mécanique et renforcer la résilience de la filière face aux turbulences des marchés mondiaux.
Du côté ghanéen, le Ministre Forson a insisté sur la nécessité d'une collaboration renforcée pour bâtir un secteur cacaoyer « résilient, prospère et profitable pour les agriculteurs ». Une ambition partagée qui témoigne d'une volonté commune de ne plus subir les règles du marché, mais de les façonner.